Yonne : La solidarité durant l’épidémie

1 - Interview de Jean-Claude Paul, bénévole et nouvel élu de St-Sauveur-en-Puisaye

2 - Interview de Frédéric Sellier, bénévole et nouvel élu de St-Sauveur- en-Puisaye

3 - Exemples de solidarités dans l’Yonne.


Par delà l’aide de l’Etat, de la Région, du Département ou des communes, l’entraide a très souvent été menée par des bénévoles, qui ont réussi à fédérer autour d’eux un élan de solidarité. Cette énergie était dirigée vers les plus faibles, souvent seuls.


Parmi ces associations très actives dans l’Yonne : la Croix Rouge.

Une fois n’est pas coutume, c’est à Saint-Sauveur-en-Puisaye que je vais prendre l’exemple qui illustre ce formidable travail qu’a pu faire l’association au niveau départemental et national.

Je voudrais le faire par le biais de portraits de deux personnalités locales. Un point commun entre eux : se rendre utile pour les autres.


1 - Jean-Claude Paul


Je suis natif de St Sauveur. Auparavant, je travaillais en région parisienne, j’avais une imprimerie numérique. Je travaillais pour la Cité des Sciences et la Cité de la Musique.


Quand je suis arrivé à la retraite, je suis revenu dans “mon pays natal”, à St-Sauveur. Toute ma famille et mes copains y habitent. Ils ont fait comme moi, ils y sont revenus !


J’avais envie de m’investir donc je suis rentré à la Croix-Rouge où je m’occupe entre autre de la Vestiboutique qui permet aux gens d’acquérir des textiles, du linge de maison ou des chaussures, à bas coûts ou gratuitement.

Je suis aussi bénévole pour la Banque Alimentaire. Nous collectons de la nourriture et que nous redonnons aux associations, qui ensuite la redistribuent. Les associations qui en bénéficient sont, par exemple, la Croix-Rouge ou le Centre Communal d’Action Sociale.


Durant cette pandémie, nous sommes allés chercher de la nourriture à la Banque Alimentaire pour 30 familles, ce qui représente environ 80 personnes. Avec le CCAS, nous avons apporté des colis tous les 15 jours à domicile et nous avons aidé les gens à faire leurs courses. On a aussi beaucoup parlé… Parlé pour réconforter ! Il y avait beaucoup de craintes. Comme ils ne voyaient personne, ils étaient très contents de me voir. J’étais le seul lien entre eux et les autres.


J’ai mon copain Frédéric (Sellier) qui est venu me donner un coup de main et on allait livrer ensemble. Cela a été mon activité principale durant le confinement, le mercredi et le jeudi toute la journée, plus 2 ou 3 heures pour aller faire des petites courses pour les gens, aller à la pharmacie des choses comme ça…


Ce qui me fait plaisir, c’est de savoir que les gens étaient réconfortés en me voyant. C’était très important pour eux. Ils avaient besoin d’être rassurés sur la durée de la pandémie, ils s’inquiétaient de savoir s’ils allaient être touchés par la maladie etc.


On a eu de la chance, à St-Sauveur : tout le monde s’y est mis. Avec les membres du conseil municipal et tous les bénévoles, nous avons fait 2000 masques que l’on a distribué personnellement dans les boîtes aux lettres chez les gens de plus de 70 ans. Une distribution pour les moins de 75 ans a été faite par la mairie.

Nous avons distribué 2 masques par personne.


Ça me plaît ! J’ai la forme, c’est physique, j’aime bien !”


2 - Frédéric Sellier


Je suis arrivé à St-Sauveur il y a 2 ou 3 ans maintenant. Ma femme a ouvert une boutique de céramiques et nous gérons des gîtes dans St-Sauveur. Je connaissais cette commune par le biais de sa vie associative et c’est comme cela que nous avons découvert ses habitants et tout ce qui s’y passe.

Cette période de confinement nous a permis de faire de nouvelles connaissances, notamment de gens qui étaient un petit peu isolés chez eux.


Au moment de la fabrication des masques, il y a eu un appel à la population de la part de la commune et il y a un “commando couturière” qui a été créé !

On s’est organisé à la salle des fêtes avec une quinzaine de personnes qui ont cousu toute la journée de 10:oo le matin à 18:oo le soir et on a poursuivi l’opération le dimanche matin.


Du coup, 2000 masques ont pu être terminés à temps pour faire la distribution.

Il y a vraiment eu un élan de bénévolat, de bon cœur, dans une super ambiance. Au début, les gens venaient à la mairie où nous avions préparé des colis, des lots de 10 masques prêts à être assemblés. Les couturières bénévoles repartaient chez elles pour les façonner. Mais le problème, c’est qu’elles étaient toute seules dans leur coin…


Se réunir tous ensemble à la mairie a été un bon moment de partage. Ça a fédéré et a donné un élan de générosité et de solidarité vraiment exceptionnel. Nous avons fait la connaissance de gens que nous ne connaissions pas et du coup maintenant, quand on se croise dans la rue, on discute.


Cet événement a créé du lien, c’est spectaculaire ! Ça motive, on a découvert des gens qui ont des passions communes, qui pensaient être tout seul alors que l’on se rend compte qu’aujourd’hui on peut faire plein de choses ensemble.


St-Sauveur a été cité en exemple ! Comme la Région n’a pas livré de masques à temps, c’était panique à bord… Nous sommes isolés, les gens n’ont les informations que par la télévision. Ils avaient peur de devoir sortir masqués impérativement, même pour faire du vélo. Sans masques, les gens se sont dits “on ne va vraiment plus pouvoir sortir du tout”… Les gens était paniqués par cette psychose liée à la télévision qui ne parlait que de pénurie de masques.


On a rassuré les habitants en disant que nous aurions des masques, que la mairie allait en distribuer. Ils étaient contents.


Toute l’équipe du nouveau conseil municipal s’est vraiment impliquée dans ce problème de masque, que l’on a pris “dans le bon sens”.


C’est vrai que c’est une période particulière, que nous venons de vivre. cela remet les choses en perspective. On a remis beaucoup de choses en question.


On souhaite avoir un mode de vie différent.”


3 - Quelques exemples de solidarité dans l’Yonne.


La solidarité entre associations et habitants a vraiment créé des liens, comme une sorte de ciment social qui s’est renforcé durant la pandémie. La solidarité s’est exercée de plusieurs manières, d’une écoute attentive jusqu’à la livraison de biens, en passant par de petites attentions qui réconfortent ceux qui étaient seuls.


Masques en tissu


La salle des fêtes de Sainte-Magnance a été transformée en atelier couture. Il fallait confectionner 500 masques avant le 11 mai. Cette initiative, lancée

par le conseil municipal, a été suivie par des habitants bénévoles.


De nombreux élus, comme à Chassignelles, Saint-Sauveur-en-Puisaye, Saint- Fargeau, ou encore Joigny, de la majorité sortante ou élus récemment, assistés par leurs CCAS et un nombre incroyable de bénévoles ont confectionné des masques pour les habitants.


James Zhou, le propriétaire chinois de l’AJA à fait don de 100 000 masques à l’hôpital d’Auxerre.


Masques en plastique


La Table Ronde 144 a assemblé des visières de protection, conçues grâce à des imprimante 3D, gratuitement, par la société Ulmann à Saint-Valérien. L’entreprise a offert la matière première et ce sont les Tableurs (les membres de la Table Ronde) qui ont assemblé les visières.


Une jeune entreprise sénonaise, Senaxes, spécialisée dans l’impression 3D, fondée par Kévin Lassaunière et Jason Roulleau, a elle aussi fabriqué un nombre conséquent de visières de protection, dès le début de l’épidémie.


Un étudiant icaunais en génie mécanique et productique automobile, Louis Anceret, sapeur pompier bénévole depuis 2016 a aussi de son côté fabriqué des visières de protection.


Tonnerre Solidaire


Dominique Aguilar (maire sortant) et Cédric Clech (nouveau maire) ont travaillé conjointement pour préparer le déconfinement. Il a clairement été annoncé qu’à Tonnerre, on voulait que cet « après 11 mai » soit « solidaire ».

Solidaire entre équipes municipales sortantes ou entrantes, certes, mais surtout solidaire avec les habitants, les commerçants et les entreprises.

Une cellule de déconfinement « Tonnerre Solidaire », a été créée pour - entre autre - trouver des masques en circuit court. Une commande de 10.000 masques a été lancée auprès de la Compagnie Dumas, basée à Tonnerre.


Plus largement, il s’agissait aussi de coordonner les initiatives locales individuelles ou collectives, en synergie avec la municipalité.


• Kit de jouets pour les enfants


Tous les enfants n’ont pas été confinés dans les mêmes conditions… À Joigny, en partenariat avec les commerces du territoire et la bibliothèque municipale, il a été créé un ensemble de kits contenant des livres, des jouets et des petits équipements, aidant ainsi à mieux supporter le confinement. C’est aussi là l’occasion de s’occuper intelligemment !


• La recyclerie de Toucy offre des ordinateurs


La fracture numérique existe bel et bien. Ce qui signifie que sans l’école, pas d’accès à des tablettes ou à des ordinateurs… Pour la continuité pédagogique, il était indispensable que tous les élèves puissent suivre les cours de leurs professeurs, par internet, avec du matériel adéquat pour travailler, imprimer…

L’atelier numérique de la recyclerie de Toucy a ainsi récupéré des ordinateurs ou des tablettes pour les remettre en état de marche, afin de les offrir à ceux qui en avaient bien besoin…


• De petites attentions envers les plus fragiles


La commune de Chassignelles, avec Anne Jérusalem, s'est régulièrement inquiétée de la santé et du moral de ses habitants les plus fragiles. Pour ce faire, quoi de mieux que des gougères, des brioches et du chocolats ?


• Un "drive fermier” temporaire

Les élus de Charny-Orée-de-Puisaye ont pu constater l’ensemble des difficultés d’approvisionnement au regard de la fermeture des marchés. Ils ont imaginé la création d’un “drive fermier” temporaire sur la commune associée de Perreux. Un “Drive” bien utile, grâce auquel les producteurs et les clients ont pu trouver ce dont ils avaient le plus besoin.


• Distribution de repas


À l’initiative du chef étoilé Patrick Gauthier du restaurant La Madeleine à Sens, avec le soutien des commerçants du marché couvert, 60 repas gastronomiques (puis 120 !) furent offerts à l’occasion du week-end de Pâques. Ils ont été rejoint par huit autres restaurateurs qui ont offert des repas au personnel soignant de l’hôpital de Sens, à la clinique, dans les EPHAD et à la caserne de pompiers.

Un effort notable, dans une période où les restaurants sont fermés, avec des personnels qui étaient confinés, mais qui sont revenus travailler pour la communauté.


Les joueurs de l’AJA ont offert 50 repas par jours durant 2 semaines au centre hospitalier d’Auxerre. Et après l’initiative des joueurs, Francis Graille, Président du club, déclarait : ”Je suis fier que les joueurs aient manifesté leur envie d'aider les soignants et leur montrer leur reconnaissance. Je suis également fier que le personnel de l'AJA se soit joint à eux pour offrir ces 700 repas. Dans cette période, il est important de dire merci à tous les soignants” (www.lyonne.fr)

Le propriétaire de l’AJA, James Zhou, a de son coté offert 100.000 masques, près de 5.000 combinaisons et 20.000 kits de dépistage.


Cette liste n’est évidement pas exhaustive et je me doute que vous connaissez tous autour de vous de belles initiatives, que chacun portera dans son cœur pendant très longtemps…

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