Petits-déjeuners facultatifs & repas végétariens obligatoires dans les cantines scolaires




Depuis le 1er novembre 2019, la restauration scolaire doit proposer un menu végétarien par semaine. Il convient de voir ce qui est positif dans ces mesures et ce qui semble plus facile à réaliser vu depuis Paris que depuis l’Yonne…

• Le Petit-déjeuner facultatif

La journée démarre toujours par un bon petit déjeuner !” Nous entendons cette sentence depuis l’enfance. Mais il est vrai que nous ne sommes pas égaux devant ce repas du matin…

Plus d’un enfant sur dix scolarisé en zone prioritaire arrive à l’école le ventre vide. Un problème qui concerne aussi certaines zones rurales où l’école est loin de la maison, d’où l’on part plus tôt sans prendre le petit déjeuner pensant ainsi gagner du temps… Dans le périmètre du plan pauvreté, le gouvernement a lancé (en phase de tests) les petits déjeuner gratuits dans huit académies en avril. En septembre, cette mesure s’est agrandie au territoire tout entier sur la base du volontariat dans les écoles maternelles et primaires où les besoins sociaux ont été identifiés. Certains enfants ont pu découvrir ce qu’était la confiture et surtout ils ont pu manger le matin, évitant ainsi le coup de fatigue à onze heures qui donne envie de manger n’importe quoi…

À terme, 100 000 enfants sont concernés en France. Voulue par le gouvernement, pilotée par le Ministère de l’Éducation Nationale, ce sont les collectivités territoriales qui sont référentes pour faciliter la distribution de ces petits déjeuners dans les écoles. Actuellement porté à 6 millions en 2019, le fonds alloué par le Ministère de l’éducation Nationale sera de 12 millions par an quand le plan sera déployé en 2020.

Dans l’Yonne, à raison d’une subvention de 1,20€ par petit déjeuner, l’Inspection Académique a signé une convention avec deux communes : Venoy et Bléneau. Le dispositif sera déployé à compter de la rentrée des vacances de la Toussaint, avec deux petits déjeuner par semaine. "Ces deux premières conventions vont peut-être donner envie à d'autres de s’engager" indique Annie Partouche, Inspectrice d’Académie. 3 à 4 autres communes ont manifesté un intérêt. L’inspection académique espère ainsi signer de nouvelles conventions qui entreraient en vigueur à partir du 1er décembre.

L’Éducation Nationale aborde aussi ce sujet sous l’angle éducatif, puisque cela fait partie du programme de l’année. Concernant l’angle financier, pour l’acceptation des candidatures la priorité reste néanmoins donnée aux communes relevant de la politique de la ville, celles en réseau d’éducation prioritaire ainsi que les communes rurales isolées.

• Le Déjeuner végétarien obligatoire Autre mesure : depuis le 1er novembre, préparer un repas végétarien à l’école une fois par semaine est obligatoire pour une durée de deux ans, à titre expérimental.

Quelques élus pensaient jusqu’à récemment que ce n’était pas obligatoire parce qu’il s’agissait d’une expérimentation. Cela est sans doute dû à un déficit de communication du gouvernement qui est contre cette expérimentation…

À l’origine, c’est une idée qui avait été proposée par Nicolas Hulot.

Jusqu’à aujourd’hui, les établissements scolaires n’étaient pas tenus de proposer des repas végétariens. La loi du 30 octobre 2018 “pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous”, plus communément appelée “loi Alimentation” ou “loi EGalim” remet en cause l’ordre établi. [Cette loi est plébiscitée par près de 6 Français sur 10 et 74 % des 18-34 ans, selon un sondage BVA-Greenpeace de 2018].

l’Assemblée nationale a donné son feu vert via un amendement au projet de loi qui impose aux gestionnaires publics ou privés des services de restauration collective scolaire "de proposer, au moins une fois par semaine, un menu végétarien”.

Par-delà le trait d’humour du Sénateur Michel Raison au cours d’un débat sur ce sujet où ce dernier répondait que ces questions n’avaient pas à être réglées par la loi, “(…) si vraiment le Parlement se résume à faire le menu des cantines scolaires… alors qu’on n’a aucune compétence dans la diététique, il n’y a qu’à nous regarder tous ! », pour autant, la loi s’en est mêlée.

#Économie

Il nous est annoncé que proposer un repas végétarien par semaine permettrait de limiter les coûts de 30% sur ce repas et permettrait, grâce à ces économies, de servir pour les repas restants une viande de meilleure qualité, produite localement.

Cela me semble un peu plus complexe que ça car on ne sait pas acheter local ou vendre local si on n’a pas les filières sur place et, pour les producteurs, le moyen de vendre ce qui ne serait pas consommé par les cantines. Des projets de mise en place de circuits de proximité entre collectivités et producteurs existent dans le département. Cela permettrait aux producteurs de vendre à la fois pour les écoles et pour les autres acheteurs.

Alors oui, sur le papier, revenir à des circuits courts est une bonne solution, surtout si cela permet de payer les producteurs à leur juste prix en évitant trop d’intermédiaires plus. Dans ce cas, tout le monde peut s’y retrouver :

Des enfants en meilleure santé, des éleveurs payés à un prix juste et une action en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, mais cela demande plus qu’une loi un peu tombée du ciel…

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