Les sujets agricoles de la rentrée pour notre département

Mis à jour : 19 févr. 2019



Plusieurs points de l’agriculture icaunaise m’ont mobilisée ces derniers mois : le pastoralisme, la viticulture et la sécheresse.



· Le pastoralisme



L’Yonne a connu ces derniers mois des attaques de loups du fait d’importants déplacements des meutes au niveau national et européen. Dans toute la France, le pastoralisme est frappé par la recrudescence des actes de prédation de tout type (loup, ours, lynx,...), et le nombre de territoires touchés par les attaques de loups est en augmentation.


C’est pourquoi le Sénat a adopté le 2 octobre dernier, à la quasi-unanimité, une proposition de résolution sur le pastoralisme.


Notre Assemblée a voulu attirer l'attention du Gouvernement sur la situation inquiétante du pastoralisme ; souligner les réponses pragmatiques et innovantes qui peuvent lui être apportées : l'amélioration de la connaissance sur l'éthologie des espèces prédatrices, une gestion intra-européenne des prédateurs, la refonte du système d'indemnisation des éleveurs, l'utilisation raisonnée des mesures de protection des troupeaux, ou encore le développement de mesures alternatives aux tirs de prélèvement pour écarter les loups des hommes.


Dans l’Yonne, nous devons également nous mobiliser afin de ne pas stopper la filière ovine qui était en pleine renaissance.

Je vous invite à retrouver le texte sur le site du Sénat : http://www.senat.fr/leg/ppr17-723.html



· La viticulture



Après deux années 2016 et 2017 avec de faibles récoltes, les viticulteurs de notre région ont utilisé une grande partie du stock de secours que constituent les Volumes Complémentaires Individuels (VCI) afin de ne pas mobiliser les calamités agricoles.


Ils se retrouvent aujourd’hui dans une situation économique délicate qui met en danger l’ensemble de cette filière. En effet, chaque année, les viticulteurs sont autorisés par l’INAO à faire des stocks de secours en cas de difficultés dans la production agricole.


Les producteurs de vin ont alerté les parlementaires de l’Yonne de la nécessité de reconstituer des stocks complémentaires pour les années à venir ; reconstitution aujourd’hui rendue possible grâce à une bonne récolte en 2018. Or, la requête auprès de l’INAO d’augmenter ces stocks, déposée par des viticulteurs, a été rejetée.


J’ai envoyé un courrier, cosigné par l’ensemble des parlementaires de l’Yonne pour alerter le Ministre de l’Agriculture sur ce sujet, afin de soutenir une demande qui nous semble légitime et fondée.


À la suite de la nomination de Monsieur Didier Guillaume au Ministère de l’Agriculture, j’ai également fait parvenir un courrier afin d’alerter le nouveau Ministre sur ce dossier.




· La sécheresse


Notre département est frappé depuis le mois d’août d’un phénomène de sécheresse particulièrement long et important, qui a des conséquences dramatiques pour l’élevage, les cultures, les forêts, comme pour de nombreuses habitations.


Le nouveau Ministre de l’Agriculture a annoncé la mise en place d’un plan de calamité agricole fin novembre, et acté des mesures immédiates de soutien telles que l’exonération de la Taxe sur le foncier non bâti, le versement anticipé des aides de la PAC ou encore le report des cotisations MSA. Des aides ont également été prévues de la part de la région, mais elles restent à la marge par rapport aux besoins des agricultures.


Ces mesures d’urgence, indispensables en l’état actuel, permettront certainement de soulager un peu et temporairement les agriculteurs. Cependant, elles ne répondront pas à long terme aux difficultés de fond que rencontrent notre agriculture.


Dans l’élevage, les professionnels ne pouvant plus mettre leurs bêtes au pré sont d'ores et déjà obligés d’utiliser les stocks de fourrage prévus pour l’hiver. Un stock qu’ils devront reconstituer dans une période de forte augmentation des prix, du fait de la rareté, mais également de la spéculation de certains pays européens sur cette denrée. Face à cela, les éleveurs sont forcés de faire abattre leurs bêtes afin de diminuer la taille des cheptels. En conséquence, le prix de la viande diminue, obligeant les agriculteurs à vendre à perte sachant que, fragilisés financièrement, ils ne pourront pas reconstituer leurs troupeaux l’année suivante.


Cet effet domino se retrouve également pour les cultures qui sont elles aussi mises à rude épreuve. Les récoltes sont retardées et moins importantes dans de nombreux territoires, obligeant les agricultures à tirer sur les terres pour sauver leur rendement. Ces terres agricoles sont aujourd’hui asséchés, et demain, pendant l’hiver, du fait des intempéries seront trop sèches pour absorber l’eau. Cela créera des ruissellements importants et donc des risques d’inondations.


Des mesures exceptionnelles, paradoxalement prises toutes les années, ne permettront pas à long terme de préserver notre agriculture et encore moins la survie de nos agriculteurs. D’autant plus que cet épisode arrive juste après le vote du texte EGALIM, feuilleton législatif qui a déçu notre assemblée et les professionnels participants aux États généraux de l’alimentation.


C’est pourquoi nous avons interpellé le Ministre de l’Agriculture pour lui demander de clarifier les mesures de fond qui pourraient être prises afin d’accompagner les agriculteurs dans une mutation de leur métier... dans un but : sauver notre agriculture.

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