Les Agriculteurs de l’Yonne - #stopagribashing



Après d’agréables échanges le 24 mai à Noyers à l’occasion de l’Assemblée Générale de la FDSEA (La Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles), j’ai été contactée par son Président Damien Brayotel, au sujet de la création des ZNT, les Zones Non Traitées par des produits phytosanitaires plus communément nommées : la bande des 5 ou 10 mètres…

ZNT

Les premières discussions avec le ministère ont fait apparaître la volonté de créer deux zones de non traitement : à 5 mètres des habitations pour les cultures basses et 10 mètres pour les hautes.

Pendant ce temps, des maires prennent des arrêtés stipulant 150 mètres, ce qui jette un doute important dans la population tellement les deux chiffres, 10 m et 150 m sont éloignés l’un de l’autre, faisant ainsi croire que 10 m ne protégeraient pas.

Dans l’Yonne, par exemple, l’application d’une ZNT de 10 mètres pour les vignes ferait perdre 150 hectares de terres rentables !

Depuis, le Gouvernement rétro-pédale en ouvrant le 9 septembre dernier une consultation pour les professionnels au sujet de la taille de cette zone.

De plus, il est possible depuis le 1er octobre de négocier des chartes départementales avec les acteurs locaux sous la présidence du préfet pour faire du « cousu main ». Ainsi , elles prévaudront sur le décret du gouvernement sur les ZNT et les autres obligations.

Comme je l’ai écrit à Damien Brayotel, cette disposition ne me semble pas satisfaisante en l’état et participe à alimenter « l’agribashing » ambiant. Prévoir des zones d’exclusion autour de lieux sensibles comme les hôpitaux, les écoles, les complexes sportifs, les points d’eau, bien sûr… et limiter les ZNT à quelques mètres si des règles strictes sont observées (horaires, techniques d’épandage, météo, affichage, …), cela pourrait permettre de satisfaire tout le monde.

Il me semble préférable de mettre un peu plus de cohérence et un peu moins de dogmatisme, dans ce type de décisions prises à Paris… De quelques mauvais exemples (il y en a…) nous ne saurions en déduire une règle ! Il faut arrêter de taper sur la tête des agriculteurs. L’agriculture est la profession qui a le plus évolué et elle avance encore ! Et cela leur coûte cher…

Les agriculteurs passent leur vie dans les champs et sont les premiers touchés. Leur reprocher de nous empoisonner a un caractère vexatoire. Les agriculteurs ou les agricultrices sont des hommes et des femmes comme vous et moi, qui n’ont pas plus envie que vous ou moi de tomber malade.

Ils gèrent leurs cultures et leurs élevages comme une entreprise mais cette entreprise est très particulière : elle permet de nous nourrir. Ils veulent aussi pouvoir en vivre…

Sécheresse

Ils sont les premiers à anticiper en cas de sécheresse. Mais en terme de réglementation, ils ont besoin d’une autorisation de l’Europe pour faucher des champs en jachères afin de produire du foin pour les bêtes. Je pense que nous sommes en droit de nous interroger sur la pertinence d'une réponse arrivant en Août, en pleine sécheresse, quand tout est grillé ! On ne peut pas dire que la réponse de l’Europe arrive à point… Un arrêté devrait suffire pour les autoriser à faucher quand ils le souhaitent…

En terme d’anticipation, la Chambre d’Agriculture réfléchit également au type de cultures qu’il serait bon de planter, au regard des modifications climatiques qui grèvent les ressources en eau. Ils réfléchissent aussi à de nouveaux modes d’irrigation pour l’économiser.

Avenir

On a aussi proposé aux agriculteurs de passer au Bio ! Mais certains ayant déjà fait la démarche de conversion au bio il y a trois ans attendent encore les subventions ! Plus d’argent ? Mauvaise gestion ? En tout état de cause, c’est encore l’agriculteur qui trinque !

Alors que fait-on ? Souhaitons-nous faire disparaître notre agriculture ? Voulons-nous nous nourrir de produits d’importations qui ne respectent pas nos standards de qualité alors que nos agriculteurs utilisent des produits homologués par l’ANSES (Agence Nationale de curité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) ?

Pourquoi parler toujours du mauvais et jamais du bon ? L’avenir des campagnes passera aussi par une réflexion qui inclut la problématique de ceux qui vivent de la terre et qui nous nourrissent. Leurs pratiques ont beaucoup évolué et évolueront encore. Ils se sont réorganisés. Certes, ils ne sont pas au bout du chemin, mais une chose est sûre : il n’y aura pas de transition écologique sans agriculteurs.

Retraite

Le 9 septembre, se tenait la fête de l’agriculture, organisée par les Jeunes Agriculteurs de l’Yonne, comme chaque année. Et comme chaque année, c’était une belle réussite. J’ai à cette occasion re-précisé mon soutien aux agriculteurs qui en ont bien besoin, puisqu’après les soucis que je viens d’évoquer, à l’aube d’une retraite méritée, on parle d’augmenter la durée de cotisation pour bénéficier pleinement de cette dernière !

Si la réforme des retraites est évidement présentée sous un jour favorable, la réalité est plus tiède… Une des avancées de la réforme tient dans la création d'un montant minimum qui correspondrait à 85% du smic (1.000 euros environ), alors qu'aujourd'hui un retraité agricole ne touche que 730 euros par mois, en moyenne.

Mais si la pension augmente, il faudra cotiser plus pendant la carrière à savoir de 21 à 28%. Et rien n’est prévu pour les actuels retraités avec leur faibles pensions…

Aujourd'hui les retraites agricoles s'élèvent à 75% du SMIC ce qui est très peu pour vivre. Eux aussi verraient leur pension passer à 1 000 € par mois (retraite de base plus complémentaire). Mais seuls ceux qui auront cotisé une carrière complète, soit 165 trimestres, pourraient en bénéficier.

Pour l'instant, aucun calendrier n'a été établi. Je ne doute pas que les partenaires sociaux vont continuer à s’emparer du sujet.

Comme je l’ai déclaré lors de la Fête de l’Agriculture, j’accorde tout mon soutien aux agriculteurs et je voterai les textes qui seront dans leur intérêt.

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