Enseignement agricole



La Commission de la Culture et de l’Éducation du Sénat a auditionné le 7 mai, le Ministre de l’Agriculture pour faire un point sur l’enseignement agricole durant la période de confinement.

J’ai tenu à préciser au ministre qu’en dehors du travail formidable de la part des équipes enseignantes qui ont réussi à relever le défi de l’enseignement à distance, les remontées de terrain que j’avais ne semblaient pas aussi idylliques que dans son discours.


Plusieurs points restent aujourd’hui à éclaircir :

Le manque de liaisons des services généraux avec les chefs d’établissements. Trop souvent, les équipes en local ont eu des informations en même temps que le grand public, les empêchant de se préparer pour répondre aux parents ou aux élèves.

Le ministre nous a assuré que la reprise ne se ferait qu’après une réelle concertation avec le terrain.

La reprise en internat risque d’être compliquée, le ministre en était conscient.


Les chefs d’établissements sont inquiets pour l’année scolaire prochaine. Les portes ouvertes n’ont pas pu avoir lieu et même si des portes ouvertes virtuelles se sont tenues, dont le ministre salue les résultats, elles n’ont apparemment pas séduit les familles de l’Yonne.


Le risque est donc d’avoir moins d’élèves dans l’enseignement agricole pour l’année prochaine. Un problème pour des élèves qui décrochent souvent de l’enseignement «classique», pour nos entreprises qui apprécient les jeunes passés par ce type d’enseignement, mais aussi pour le financement des établissements.


Enfin, le Ministre n’a pas répondu à la question de la responsabilité des chefs d’établissements pour les élèves en milieu professionnel. Les apprentis sont en ce moment dans les entreprises lorsque les gestes barrières sont possibles sous la responsabilité des chefs d’entreprises.

Cependant, l’enseignement agricole n’a pas que des élèves en apprentissage. Les autres ne sont pas aujourd’hui dans les entreprises. Pourquoi ? Parce que ces élèves sont sous la responsabilité des chefs d’établissements. Or ces derniers ne peuvent vérifier entreprise par entreprise si les gestes barrières sont bien respectés. Pas de stage possible donc pour les élèves !


Où est la logique de priver des élèves qui ont de 17 à 20 ans d’une expérience professionnelle à cause d’une incohérence administrative ?


J’ai donc envoyé un courrier à Monsieur le Ministre, afin d’obtenir des réponses à ces interrogations. Je ne doute pas de sa réponse prochaine.

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